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[ Jean-Claude BOYER]

Le Puits

THÉÂTRE DE LA SEMEUSE

2 montée Auguste Kerl

Tél 04 93 92 85 00

tous les jours sauf samedi et dimanche
de 10h à 12h et de 14h à 18h30

 

 

Le puits est pour moi l’objet emblématique le plus représentatif des Diables Bleus. Il valide l’idée qu’une volonté collective déterminée peut réaliser l’utopie, le  pantail .  « Nous avons creusé un puits de quatre mètres cinquante sur le parking » ne peut se dire qu’un sourire de gamin au coin des lèvres. Il pose en même temps la question sérieuse du : « Une résistance face à la fatalité de cette société, est-elle encore possible ? »

       Faisons un peu  l’historique de cette affaire. Au printemps 2003 nous étions déjà,  avant même l'idée de puits dans un beau délire. Rien de moins que de « végétaliser »  le parking en repoussant les bagnoles, nous étions collectivement en train de virer l'asphalte d'une partie du parking d'un triangle contigu au jardin des Diables Bleus. C'était la première tranche d'un projet plus vaste de créer un parc boisé entre la Brèche et les Diables Bleus avec tonnelle, jardin d'enfants et jardins partagés. L'arrachage de goudron se fit lors de séances harassantes au pic, à la pelle, à la pioche, à la barre à mine, chargeant des brouettes, transpirant dans la chaleur du début de l’été dans la bonne humeur de ceux qui font une bonne blague. (…).

        En creusant on trouva une zone humide qui fit penser à certains au cours souterrain du Paillon. Des sondages avaient déjà été faits aux abords des Diables Bleus et il se disait qu'il y avait de l'eau près du sol. On se mit à creuser. Un long travail harassant, surtout dans la couche supérieure argileuse très compacte avant le poudingue de galets et de sable. (…)

       En réunion de CA du lundi, autour des tables ombragées du jardin alors que je demandais « un effort collectif déterminant pour arriver à trouver rapidement l'eau convoitée » il me fut  demandé de boucher ce trou de façon pseudo désinvolte, voire agacée... C'était un inutile danger. (…)Certains semblaient frappés par la transmission de peurs ancestrales ou pour le moins par des remontées d’interdits de la petite enfance.

Ils ne s'approchaient pas du puits par peur : le puits c'était le danger de l’enfance. 

(…)

…en surface, trépied sommaire où était accrochée une poulie qui descendait un vieux  seau   attaché à une corde de récupération vers le fond où une ou deux personnes creusaient. Sans cesse nous affrontions le risque de ramasser un seau plein de galets sur la tête.

       Finalement nous avons continué et à quatre mètres cinquante de la surface… le miracle sahélien se produisit. L'eau coulait entre le sable, belle, pure, claire et coula entre les doigts de nos pieds, belle, pure, claire.

(…)

Ce jour d’installation fut un événement une fête, un aboutissement. Manu nous fit dans la foulée un système de fermeture, un couvercle métallique, car l'ouverture béante du puits n’avait été que trop longtemps dangereuse pour les enfants, les imprudents. On installa une pompe à fort débit qui nous fut offerte et nous arrosâmes nos jardins d'Eden à volonté.

(…)      

À ce jour personne n'est encore venu combler ce puits et il reste la seule marque matérielle in situ de notre passage, une trace-sculpture de la folie collective si nécessaire des Diables Bleus.

Jean-Claude Boyer

(texte intégral et autres documents sur

http://zacloud.chez-alice.fr/puitsimage.htm )

 

 

 

 

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