Carole Ziolko

ORIENT EMOI

Entre la canicule estivale et la fraîcheur d’un arrosage nocturne.
Entre les blanches et classiques façades des immeubles 1900 d’un grand boulevard marseillais et le calme d’une ruelle privée.
Entre l’ombre des plantes vertes géantes et divers objets chinés dans les brocantes.
Entre l’heure du thé à la menthe et celle de la sieste des chats domestiques.
Entre pittoresque et familier.
Entre utilitaire et insolite.
Chaque objet, meuble de jardin ou plante pose en toute subjectivité devant l’objectif interrogatif de la caméra.
Alors entre deux prises de vues se dessine un carnet de voyage imaginaire sur l’arc méditerranéen.

Voyage immobile depuis le seuil d’une immense véranda qui conduit dans un jardin féerique.

Décor d’un Orient mythique recréé pour récréer.

Le temps d’un été.

Le temps d’avoir été là.

Pour le plaisir des yeux.

Orient émoi

 

 

Wemindji, carnet de voyage au nord du Québec

 

Mi enquête, mi reportage sur le terrain, ce carnet de voyage met en écho des dessins d’enfants, réalisés dans un village amérindien situé au Nord de la Province de Québec au Canada en 1982 et des photographies en couleur réalisées dans ce même village par Caroline ZIOLKO, dans le cadre d’une enquête sur la perception de l’espace et du mode de vie en milieu communautaire.

Wemindji est une petite réserve d’Indiens crees située au milieu des forêts sur le territoire de la Baie James… près de la rivière Maquatua. L’hiver, l’hélicoptère et les motos neige sont les seuls moyens de transport. L’été les canots à moteurs et les canions permettent aux familles de partir à la chasse aux alentours…

Plusieurs postes de télévision par famille, plusieurs générations par maison (mobile home), des familles très nombreuses, la chasse et la pèche pratiquées comme activités traditionnelles, un seul magasin général approvisionné par hélicoptère une fois par semaine…

Une école pour les enfants de moins de 14 ans… après, l’internat un peu plus loin ou le village et la forêt pour tout horizon…. Un dispensaire pour les visites médicales de routine, l’hélicoptère encore pour les urgences sur une piste damée et éclairée l’hiver par les phares des motos-neige….

Ces images (plus d’une centaine de dessins et autant photographies) collectées sur le terrain ont servi pour une enquête sur la perception et la représentation visuelle de l’espace en milieu non urbanisé au canada.

Elles permettent aussi plus largement de rendre hommage à ce village isolé et aux qualités d’observation et de représentation visuelle de ses écoliers. A la gentillesse et au calme des enfants qui apprennent en observant attentivement la nature et les adultes. En 1982, les nuits d’hiver un bingo communautaire regroupait de nombreux participants.

Les dessins réalisés à la demande de la photographe lors de son séjour à Wemindji font clairement état de la division du travail dans les familles.

La chasse pour les garçons qui accompagnent leurs pères, grands pères et cousins… La lessive et le ramassage du bois pour les filles qui restent au village avec les femmes. Les personnes âgées s’isolent dans un tipi construit devant la maison familiale, témoignage silencieux d’un attachement vivant aux traditions et à la culture cree. Car Wemindji tente de concilier avec lucidité l’identité cree et les aspects positifs de la modernité du mode de vie nord américain. Wemindji aujourd’hui affiche ses ressources et ses magnifiques paysages sur Internet.

 

retour expositions

Expo : Taggia (Italie)

COUVENTS DES DOMINICAINS
0184476254

 

Expo : La Seyne sur mer

BIBLIOTHEQUE
La SEYNE sur MER
Centre ville

 

 

Questionnaire :

Qu’est ce qui vous à amené à faire de la photographie ?

Les photographies sur plaques de verre, réalisées en 1914 -18, dans les tranchées, par mon grand père maternel, Jean Musard, ont certainement été mon premier contact direct avec le reportage et la photographie. Cette collection personnelle (aujourd’hui dispersée) m’a incité à aller sur le terrain à la découverte des paysages et des villes en temps de paix. Ou tout au moins pour véhiculer de tout temps par l’image une certaine idée de la paix pour dire que la vie est belle…
C’est une option optimiste, un point de vue personnel que je souhaite partager.

- Etes-vous plutôt numérique ou plutôt argentique ?

Partant du numérique et de ses potentialités infinies encore insoupçonnables aujourd’hui, j’ai fait résolument un retour image argentique. Expérimentant aujourd’hui en toute liberté les pistes de la créativité plastique (ré) ouvertes par le numérique. L’option post numérique que j’ai adoptée dès 1989 intéresse une pratique argentique totalement créative. Le traitement de l’image intervient lors de la prise de vue avec une caméra argentique 24x36 ou 6X6. Un laboratoire professionnel scanne les diapositives et réalise les tirages couleur sur papier photo, papier Arche ou sur toile. Je n’interviens donc qu’à la prise de vue.

- Qu'est-ce qu'un(e) bon(ne) photographe ne doit pas faire ?

A mon avis, un photographe, comme tout individu sensé et sensible, ne doit faire qui lui semble juste et intelligent de faire.

- A votre avis, une bonne photographie de pêche doit-elle sentir le poisson ?

Savoir nager et surtout à contre courant me semble être une pratique sportive tout à fait indispensable pour la photographie de pêche, de dépêche, ou tout autre sujet.

- Dix conseils pour réussir un projet photographique.

Le photographe comme tout un chacun connaît par cœur les dix commandements qui l’accompagnent de sa première à sa dernière image en toute sérénité.

- Quel prix voudriez vendre un tirage format 30x40 numéroté à 25 exemplaires de votre travail ?

Le marché, l’offre et la demande, la qualité et la notoriété d’un auteur (photographe ou autre) déterminent en premier lieu le prix de vente de ses travaux… Mes tirages très limités. La recherche et la création motivent principalement ma démarche de travail...

- Choisissez et commentez une photographie de votre choix en 4 à 7 lignes.

Lire, décrire, interpréter ou traduire une photographie par des mots me semble bien difficile. L’opération conduit toujours à l’ amputation.

Par rapport à ce qui a été vu, perçu et voulu par le photographe. Avant, pendant et même après le déclic qui a tout déclenché et tout engendré. Non pas un nouveau regard, ni une nouvelle réalité. Mais toute une combinatoire d’interprétations toutes aussi possibles et plausibles.

Les images photographiques que j’ai réalisées pour le Sept Off 2005 évoquent l’ailleurs, le voyage et le dépaysement total : un orient mythique, reconstitué, imaginé de toutes pièces. Ce jardin est situé en plein centre ville, à Marseille, dans les Bouches du Rhône. Mais pour moi c’est aussi l’évocation d’un jardin de mon enfance dans une autre ville de France. Plus au Nord… à cinq cent kilomètres de là.

Mais cela n’intéresse pas le public. L’image doit faire imaginer, rêver, penser à tout autre chose que ce qu’elle représente visuellement.

Le commentaire d’image concerne les critiques et les théoriciens de l’image.

Partir du réel, pour conduire la pensée au-delà de ce qui est figuré, constitue à mon avis l’un des enjeux les plus intéressants de la création artistique d’hier et d’aujourd’hui. C’est pourquoi, j’ai opté pour la photographie plasticienne, après plusieurs années consacrées à la photographie documentaire de paysages urbains français et nord- américains.

- Qu'y a t'il sur les murs de votre salon ?

Différentes photographies que j’ai réalisées récemment figurent sur les murs de mon habitation. Ce sont toujours de grands formats, au moins 50 x75 cm. Elles subissent le test d’un accrochage critique. Je les découvre. Je les observe. Je les vois enfin comme objet matériel. Non plus comme une vague intention fugitive captée via l’objectif entre le sujet et la pellicule. Si elles résistent un jour ou deux à cet examen de passage, elles peuvent rester là ou ailleurs un à six mois.

- Si vous étiez un appareil photo, vous seriez... ?

L’appareil photographique que j’aurais aimé être ??? Sans doute celui de Nicéphore Niepce qui réalisa, en 1826, la première prise de vue (aujourd’hui connue et reconnue pour être la première photographie) depuis sa maison. Il a tout dit. Tout exprimé du regard photographique, de l’art et de la technique photographiques dès le premier déclic. Depuis, quelle que soit l’évolution du matériel, des habitudes de lecture et des modes de représentation, nous courrons tous après cette mythique première image qui hante notre rétine et notre imaginaire.