Pierre-Hugues Polacci

 

Métaphotographies

Pierre-Hugues Polacci n’a pas appris la photographie sur les bancs de l’université mais en faisant l’école buissonnière, puis en devenant assistant pour la mode, photographe à l’hôpital Pasteur où les images insolites du fond de l’œil et des corps opérés ne manquaient pas. Il fréquente Le Tube, taverne historique du vieux Nice des années 70, centre de la bohème fauchée et des talents encore inexploités. Sa route croisera d’ailleurs plusieurs fois celle de René Gilles, poète anarchiste et satiriste au verbe haut qui composera quelques-unes des phrases imprimées au verso des cartes postales signées Polacci. C’est le début d’un certain engouement pour ce type d’image pas trop compliquée, entre la vogue des posters et celle de quelques magazines grand public. De tout un chahut vécu avec intensité autour d’amis comme Pierre Clémenti, Gérard Constant ou Jacques Barbarin, ce photographe non-conformiste a su se moquer de son imagerie et casser le stéréotype dans lequel il risquait de se « révéler » à jamais. Au contraire, son sens de la dérision et de son don d’explorateur de ce qu’il appelle la « métaphotographie » le conduisent à exposer des objets où l’image-photo redevient l’objet d’un questionnement. On connaît ses chaussures d’artistes méticuleusement retenues par son optique ironique. Au cours de ces dernières années, plusieurs galeries de la région dont ART 7 ont misé sur cet héritier du mouvement Dada. Parmi les œuvres exposées cette année, sa « carte du tendre » va surprendre plus d’un automobiliste contraint de suivre les tracés d’un corps féminin au repos. Pour ceux qui n’ont pas encore leur permis de conduire, c’est le moment.

 

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Expo : Nice

VISION FUTURE
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