Ludovic Flého

Hijras

Né à Saint-Malo en 1968, il semblerait que j’ai hérité de cette maladie congénitale des malouins à prendre le large. Du plus loin que je me souvienne, j’ai eu envie de voyager, avec une fixation sur l’Inde, sans justification au départ mais qui trouvera toute sa raison d’être plus tard.

A Paris depuis 1990, je décide en 1996 de quitter une situation professionnelle confortable, achète un billet simple pour Bangkok, et je ne reverrais la France que deux ans plus tard, après avoir passé 1 ans en Inde, visité le Népal, la Malaisie et la Thaïlande.

Dès le départ, malgré ma passion pour la photographie, je décide de ne pas prendre d’appareil avec moi, voulant vivre cette première expérience pleinement, et non à travers l’œil de l’objectif.

En 1999, je repars, mais l’appel de l’Inde est trop fort et l’avion dans lequel je monte me déposera à New Delhi.

6 mois en Inde, de Madras, à Mumbai, en passant par Rishikesh, le Kerala, le Rajasthan et bien sûr Varanasi (Bénarès) ma préférée. Les clichés présentés datent de cette période…. Puis 6 mois en Thaïlande.

2000, budget épuisé, je retrouve Paris pour 2 ans.

Début 2002, billet aller simple pour Bangkok, 6 mois comme barman sur une île, rencontre affective de « taille », bref passage d’un mois en Inde (Varanasi) puis découverte à deux du Cambodge, Vietnam, Indonésie, Laos.

Les photos ont été prises lors d’un festival religieux de la communauté des Hijras, à Bilaspur, petite ville de 300 000 habitants dans l’état du Madhya Pradesh, Inde, en février 1999.

Ces hommes, qui s’habillent et se conduisent en femmes, sont les dévots d’un avatar de la déesse mère du panthéon indien, Bahuchara Mata.

Ils sont surtout connus pour s’émasculer complètement au terme de leur initiation, opération qui porte le nom de « Nirvan », signifiant paix et absence de désir, et considérée comme une seconde naissance. En fait l’émasculation n’est pas systématique et les communautés admettent en leur sein également des travestis.

Leur activité sociale officielle est la bénédiction des enfants mâles, ainsi que celle des jeunes couples. En ces occasions, ils dansent de façon provocante, accompagnant leurs chants de plaisanteries obscènes, le plus souvent à l’encontre des personnalités importantes. Ils sont également craints car ils ont le pouvoir de détecter l’impuissance chez les hommes et, s’ils désignent l’un d’entre eux, ils l’appellent à les rejoindre au nom de la déesse. Ils se servent de l’inquiétude de leurs hôtes souvent involontaires pour extorquer toujours plus d’argent. Il est frappant de constater que les Hijras ne donnent que par ce qu’il n’ont pas : faire circuler la « Shakti », la puissance fertilisante et féminine, est leur pouvoir, lié à l’émasculation. Quant aux bénédictions et aux mauvais sorts, les Hijras insistent pour dire que le pouvoir de les rendre vrais (ils le tienne de Shiva) les dépasse complètement, voire les prend au dépourvu. Il est également dépendant de l’émasculation rituelle.

Les Hijras forment des communautés très structurées, les Chelas (disciples) autour des Gurus, et une parenté fictive s’y organise. La dépendance financière paraît être la clé de voûte de l’organisation du groupe. Tout est payé, le Chela pouvant avoir à reverser l’intégralité de ses revenus au Guru, et ceux qui rapportent le plus ( par leur habileté de musiciens ou de danseurs, la mendicité ou la prostitution) sont achetés et revendus de Guru en Guru.

Leur recrutement est multiple, quoique les castes les moins favorisées fournissent le gros du contingent. Tout d’abord, les Hijras réclament comme leur appartenant de droit les enfants biologiquement hermaphrodites. Plus tard, ceux-ci n’auront pas à subir l’émasculation. Ensuite, tout homme impuissant, qui rêve que Bahuchara Mata l’appelle, doit (du moins dans la doctrine religieuse) rejoindre la communauté, faute de quoi, ses descendants éventuels seraient à leur tour frappés d’impuissance.

En Inde, être Hijra est en général considéré par tout le monde, et pas uniquement par les Hijras eux-mêmes, comme être d’un "autre genre".

 

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Expo : Gênes (Genova - Italie)

CAFFE GARIBALDI
Via al Quattro Cantidi San Francesco 40
Tél 39 339 19 43 617

 

 

Questionnaire :

Qu’est ce qui vous à amené à faire de la photographie ?

- je cherchais une excuse pour justifier mon goût immodéré pour le voyage

Etes vous plutôt numérique ou plutôt argentique ?

- viscéralement argentique

Qu’est ce qu’un bon photographe ne doit pas faire !

- j'imagine qu'un(e) bon(ne) photographe fait ce qu'il veut, je n'apprécie toutefois pas l'utilisation de "méga" objectifs éloignant les 2 protagonistes

A votre avis, une bonne photographie de pêche doit elle sentir le poisson ?

- ça doit sans doute dépendre du choix des produits utilisés pour les différents bains

Dix conseils pour réussir un projet photographique ?

- je n'en vois qu'un seul, ne pas oublier son appareil en sortant de chez soi

Quel prix voudriez vous vendre un tirage format 30x40 numéroté à 25 exemplaires de votre travail ?

- personnellement vendre un tirage me semble du domaine du surnaturel !!!! alors le prix ??? mon esprit très cartésien se refuse à y réfléchir

Choisissez et commenter une photographie de votre choix en 4 à 7 lignes.

- choisir un photographe me semble déjà impossible tellement ils sont nombreux et excellents alors choisir une photo... oublions !! le brésilien Sebastiao Salgado, pour n'en citer qu'un.

Qu’y a t’il sur les murs de votre salon ?

- locaitaire d'un 2 pièces MEUBLE dont la propriétaire est cruellement exigeante, je n'ai eut d'autre choix que de me limiter aux accroches déjà existantes.... ai tout de même réussi à mettre une photocopie laser encadrée de la pièce d'identité originale de Boris Bian, 2 lithographies de Jean Claude Perrouin, 4 photos de voyage prises par ma chère et tendre et moi-même, 2 peintures déjà au mur à mon arrivée que j'ai conservées, de provenance inconnue mais vraissemblablement d'un artiste africain, 2 peintures de signes du zodiaque réalisés par un peintre danois vivant aux canaries, une peinture réalisée par une artiste multi-disciplines signée "Schniti" et enfin un tableau sur lequel sont punaisées moult photos de mes amis ( désolé pour les absents mais la place est limitée ! )

Si vous étiez un appareil photo, vous seriez …. ?

- si j'étais un appareil photo, je serais... frusté de ne pouvoir m'en servir !