Françoise Blondel

Procession

C’est à l’occasion d’une procession religieuse à laquelle je participais que Procession a vu le jour.

Empruntant l’itinéraire imposé par le rituel religieux, le désir se fit sentir de retranscrire photographiquement ces lieux du quotidien auxquels nous ne portons plus attention aujourd’hui.

Marche photographique, Procession est une succession de plans-séquences, un simple « état des lieux » d’un instant…

Maître de la mise en scène, j’en ai défini les règles : deux prises de vue en vis-à-vis.

La première capte mon regard, « clic », demi-tour, la deuxième, totalement aléatoire en découle.

Alors, ces « petits bouts de vie », visions partielles, scènes limitées dans l’espace n’ont plus qu’un seul point commun : mon passage.

Ainsi, l’acte photographique apparenté à la marche ne montre plus uniquement le paysage exploré, mais également les modalités de l’esprit et la sensibilité du marcheur.

Par sa présentation sous forme de livret, Procession entraîne le « lecteur-spectateur » dans son propre voyage. Mais sa conception lui suggère la multiplicité des possibilités et l‘autorise à définir son propre parcours : vision bilatérale (droite et gauche), unilatérale (droite ou gauche), voyage aller, voyage retour et pourquoi pas voyage aller-retour.

Devenu acteur de la procession, maître de ses choix, il pourra laisser libre cours à ses émotions dans l’infinie possibilité du voyage.

Alors, le voyage n’est pas qu’un simple déplacement d’un point à un autre mais bien plus : la découverte d’un inconnu…

Françoise Blondel

 

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Expo : Nice

RELAIS DES ASSOCIATIONS
12 rue Delille - Nice
Tél 06 10 54 16 12

 

 

Questionnaire :

 

Récente, ma rencontre avec la photographie est parallèle à celle du graffiti. Durant des mois, je me suis attachée à explorer le monde des graffeurs, à comprendre ce mouvement de reconnaissance et de contestation urbaine à travers leur transposition artistique.

Exorcisant ainsi mes propres fantômes comme un jeu de révélation, je peux résumer cette période comme éthno-socio-psycho-photographique. Tenir un appareil photo, cadrer, appuyer sur le déclencheur, sont des formes de rencontres avec soi autant qu’avec le monde.

Evolution naturelle, je me suis dirigée vers le grain argentique noir et blanc avec, son travail en laboratoire et sa magie de la révélation, celui-ci est toujours un réel support créatif dans ma démarche artistique.

En matière d’art, soyons dans les « possibles »…

Ainsi, techniques, créativité doivent s’allier et permettre la cohérence, la compréhension du message photographique.

On parle parfois de « regard photographique » pour évoquer une vision du monde. Est-ce un regard objectif ? Car de nombreux filtres interviennent entre nos perceptions et les images que nous fabriquons. De façon générale, seules existent dans notre vision les choses que notre langage nous permet de nommer.

En outre, nos attentes et nos désirs modifient constamment la perception de ce qui nous entoure, il est alors plus facile de l’oublier et de croire que nous voyons le monde comme il est.

Lorsque un projet s’impose je lui laisse le temps de maturer, de se construire et de grandir, témoins les murs de mon salon c’est ce que j’appele l’amont du projet. Puis une technique fiable, une grande pugniacité sont nécessaire pour le finaliser et l’amener au regard de l’autre.

Lors de ma première exposition, un ami soutenant m’ écrivait : «  une fois qu’on a donné  ses tripes, elles ne nous appartiennent plus. Qu’importe donc le sort qui leur est réservé….»

Ont-elles un prix ? une question toujours sans réponse.

Il appartient à la photographie de pouvoir mobiliser une image dynamique de l’événement qu’elle représente.

La photo d’entete de procession nous montre des marcheurs qui pénètrent dans les ombrages. Le flou traduit par la marche, laisse une trace vibratoire marque d’un devenir autant que celle d’un effacement et invite le lecteur-spectateur a poursuivre la marche.

Silencieux, léger, robuste et de grande qualité. Ai-je besoin de nommer un LEICA