Nadine Babani

 

Mirages en Polaroïd

…Le monde qui est donné par ces images est à la fois intensément vu – il y a dans le déclic Polaroïd une sollicitude intime qui témoigne pour la plus grande des proximités visibles – et un oubli de la vue qui en fait la qualité spécifique.

La chose vue est sollicitée par autre chose que la vue.

A cette distance, d’Horus et d’Osiris, l’habituelle déférence photographique change de camp. Par là, on dirait que Nadine Babani cherche à se glisser entre l’approche visible du monument et une perception qu’il faudrait dire appliquée à lui ou comme impliquée par cette sorte de vision contractée à son approche, en cet endroit où les yeux se brouillent, ou l’ombre est plus dense que la pierre, et la montagne taillée plus tendre qu’une fibre de papier

Regardez ces triptyques : ils nous indiquent une proximité imperceptible : celle à laquelle on se tient d’un corps aimé ou des eaux froides ou bien encore des monuments funéraires et qui dégagent un parfum de plomb. Ils sont revêtus du flou qui saisit la vue dans le plaisir comme d’un baume mortuaire…

… Trois images pour indiquer que le Polaroïd raconte une histoire de Dieu , mais aussi une possible mise en scène dont les séquences racontent le récit en images. A peine une histoire en fait, seulement, comme Nadine Babani le confie : « des paysages fictifs, des faux panoramiques » ou «chaque partie joue son rôle ». Loin des séries de Duane Michals, ces images suggèrent qu’il suffit de rencontrer des boucles sur l’épaule d’une pierre, le geste mystérieux d’une main vers l’ombre d’un corps et un graffiti végétal pour écrire une histoire.

Souvent, il n’est pour elle d’autre récit que celui de la marche du photographe, de son recul ou de son arrêt contemplatif au seuil du temple. Histoire de voir vers les recoins les moins spectaculaires du lieu, ceux dont les figures tyranniques ont été chassées pour laisser place aux ombres rouges et or, dans l’obscurité violette d’une chambre…

…Chronique d’une apparition, les images rassemblées aujourd’hui proposent tout autant le récit d’une absence. Entre les falaises et les roches rouges de la Vallée des Rois ou les sable noirs du Néguev, Nadine Babani est en quête d’un arrière-pays, à peine effleuré, que la photographie bien sûr ne perdrait pas de vue mais qui par le furtif miracle d’un triptyque se livrerait soudain à nous comme un encens ou le parfum des genêts sur les éboulis du temps.

Xavier Girard

Extraits du texte : Mirages en Polaroïd

 

MIRAGGI IN POLAROID

Il mondo restituito da queste immagini è insieme intensamente visto – c’è nello scatto della Polaroid una sollecitudine intima che testimonia della più grande prossimità visibile – ed un oblio della vista che ne è sua qualità specifica.

La cosa vista è tutt’altro della vista.

A questa distanza, di Oro e di Osiride, l’abituale deferenza fotografica cambia campo. Cioè, si direbbe che Nadine Babani cerca di scivolare fra l’approccio visibile del monumento ed una percezione che bisognerebbe dire applicata a lui o implicata da quella specie di visione contratta al suo avvicinamento, in quel luogo dove gli occhi si offuscano, dove l’ombra è più densa della pietra, e la montagna intagliata più tenera di una fibra di carta.

Si guardino questi trittici : indicano una prossimità impercettibile : quella alla quale ci si mantiene dal corpo amato o dalle acque fredde oppure dai monumenti funebri e che esalano un profumo di piombo. Sono rivestiti di quella sfocatura che afferra gli occhi al momento del piacere come un balsamo mortuario.

Tre immagini per indicare – per indicare che la Polaroid racconta una storia di Dei – ma anche una possibile messa in scena le cui sequenze dicono il racconto in immagini. Appena una storia in realtà, solo, come confida Nadine Babani : “Paesaggi fittizi, falsi panorami” in cui “ogni parte recita il proprio ruolo”. Lontane dalle serie di Duane Michals, queste immagini raccontano che è sufficiente incontrare dei riccioli sulla spalla di una pietra, il gesto misterioso di una mano verso l’ombra di un corpo e un disegno vegetale per scrivere una storia.

Spesso per lei non c’è altro racconto che quello della marcia del fotografo, del suo allontanamento o della sua fermata contemplativa sulla soglia di un tempio : Tanto per vedere verso gli angoli meno spettacolari del luogo, quello da cui le figure tiranniche sono state scacciate per lasciar posto alle ombre rosse e oro, nell’oscurità viola di

Cronaca di un’apparizione, le immagini raccolte oggi propongono anche il racconto di un’assenza. Fra gli scogli e le rocce rosse della Valle dei Re o le sabbie nere del Neguev, Nadine babani è alla ricerca di un entroterra, appena sfiorato, che la fotografia, naturalmente, non perderebbe di vista, ma che, per il furtivo miracolo di un trittico si offrirebbe all’improvviso a noi come un incenso o il profumo delle ginestre sui detriti del tempo.

Xavier Girard

 

retour expositions

 

Expo : Gênes (Genova - Italie)

SANTA MARIA DI CASTELLO
Gênes Vieux Port
0102549511

 

Questionnaire :

Qu’est ce qui vous a amené à faire de la photographie ?

Tout d’abord mes études aux Arts déco et plus exactement et trivialement pour me faire un peu d’argent de poche car je faisais les tirages des photos de tous mes petits camarades pour les besoins scolaires.
Ensuite mon véritable travail photo vient d’une très jolie histoire d’amour … entre un photographe et moi puis plus tard entre la photographie et moi.

Etes vous plutôt numérique ou plutôt argentique ?

Les deux mon capitaine, ou ni l’un ni l’autre au choix, je travaille au polaroïd que je numérise pour agrandir … A vous de voir …

Qu’est ce qu’une bonne photographe ne doit pas faire :

Suivre les règles imposées dans les photo club, la bonne image vient toujours de l’ « accident ». Le trop parfait est ennuyeux, trop prévisible … aucun intérêt, c’est un peu le problème du numérique … où tout est corrigé selon des critères qui ne sont pas ceux de la création mais ceux de l’image bien faite ….
Cest l’ « accident » qui rend la vie intéressante …. Il en est de même pour la photo

A votre avis, une bonne photographie de pêche doit elle sentir le poisson ?

La redondance n’est jamais bonne, c’est comme au théâtre, si tout est dit dans le texte, le scénographe doit prend en charge le non dit …
En photo il ne faut pas que ce soit le sujet, l’objet ou le portrait qui fassent l’image mais bien le comment ils sont interprétés et le pourquoi on le fait … il faut se méfier de la photogénie elle n’est jamais géniale …. Ha ha ha !!!

Dix conseils pour réussir un projet photographique

10 c’est dur ….

1/ En avoir un (et non pas s’illusionner sur un thème)

2/ Ne pas confondre un sujet, une série et une variation sur un thème donné

3/ Rester simple quoiqu’il en soit il ne sert à rien d’emberlificoter les images de discours assomant

4/ Penser le sujet dans sa globalité

5 / Faire un bon editing … Poser les images contre le mur, les mauvaises tomberont d’elles mêmes.

6/ se méfier des coups de cœur, souvent ils ne sont que passion passagère une image trop esthétique trop belle ennuie vite …

7/ réfléchir au format et non pas le faire en fonction des salles proposées (souvent une image a un format parce que la distance de lecture et le rapport au sujet nécessitent ce format là…)

8 / Penser à la présentation comment mettre en valeur ou faciliter la lecture par la présentation …. Ce n’est pas le cadre qui fait l’image mais elle peut changer de sens en fonction de son « habillage », un contre collé alu n’a pas le même sens qu’un cadre bois avec marie-louise ou qu’un cadre doré … )

9 / Dans le même ordre d’idée concernant la présentation présupposer une scénographie qui donne un fil conducteur

10/ Il en est de même pour le dossier de présentation, très important car c’est ce qui va permettre ou non d’exposer.

Quel prix voudriez-vous vendre un tirage format 30 x 40 cm numéroté à 25 exemplaires de votre travail :

Entre 2000 et 3000 euros mais je suis plus chère …

Choisissez et commentez une photographie de votre choix en 4 à 7 lignes

J’ai sous les yeux un livre merveilleux « les 3 grandes égyptiennes » … Dur de choisir une image parmi tant mais je me lance et choisis celle page 170 de Christian Carez, un photographe belge.
Que dit l’image : dans un intérieur sombre peut-être même un temple en premier plan une cloison sombre, un lueur diaphane se diffuse en arrière plan faisant apparaître en lumière frisante un cadre de bois classique dans lequel est figurent les 3 pyramides de Guizèh … Un tissu noir masque 1/3 de ce tableau. Et regardant cela tout semble paisible, et silencieux, en attente …Voilà il s’agit d’un espace en phase intermédiaire (en cours d’aménagement ou de déménagement… en attente).

Qu’y a-t-il sur les murs de votre salon ?

De mon salon … Rien du blanc. Dans mon travail je vis entourée d’images et d’œuvres d’art alors dans mon salon je me repose.
Dans mon couloir, et ce, depuis peu de temps ; il y a une de mes photos … en noir et blanc … il s’agit d’une image de Saqquarah tirée très très clair …. Emergence d’une image d’Egypte.
Un chemin dallé … 2 palmiers 2 colonnes qui s’ouvrent sur un désert… intérieur.

Si vous étiez un appareil photo, vous seriez ?

Un Paula Royd … bien sûr !!!