Marcel Taquet

 

Tu vas exposer des photographies de la Calabre, pourquoi ?

Les premières vues remontent à 1987. Ma femme est d’origine italienne, j’ai pu régulièrement me rendre dans les environs de Regio di Calabre et me livrer à ma passion. Il s’agit de la vie de tous les jours, de scènes de rue, d’aperçus dans les familles. Au fil des années, on m’a autorisé verbalement à faire mes images. Aujourd’hui je peux montrer plus de 150 photos sur le sujet, c’est un projet d’exposition sur la lente évolution de la vie en Calabre.

Ce que le public verra au « Sept Off » ce sera une bande-annonce de cette future exposition  ?

Oui c’est ça. Je voudrais montrer le rythme propre de cette partie du Sud de l’Italie. Les maisons sont maintenant construites,  mais tout est comme avant. L’été, la population est active. Les jeunes partent travailler dans le Nord,  mais reviennent chez eux en été. Je retrouve aussi les mêmes personnes qui vendent, sur le bord de mer à Lazzaro, des vêtements et du linge. Parfois, les constructions font reculer les espaces cultivés. Ce n’est pas la spéculation immobilière comme sur la Côte d’Azur : en 10 ans, j’ai vu une vingtaine de maisons individuelles se construire, guère plus.

Et les autres activités ?

Malheureusement, les pêcheurs disparaissent peu à peu, comme sur les villages du littoral de la Méditerranée. Par contre, les tomates qu’on achète viennent du coin, elles n’ont pas poussé bien loin.

Techniquement, restes- tu attaché au noir et blanc ?

Oui exclusivement, avec le même boîtier et un grand angle. Aujourd’hui en Calabre, les gens m’acceptent comme photographe de leur vie à eux. Le noir et blanc restitue les situations en obligeant le regardeur à plus de concentration. Le style vient après plusieurs années. Au début de ma passion, j’ai même fabriqué des films, puis j’ai abandonné ça. Par contre, j’ai la passion du laboratoire de développement tout comme j’ai la passion des motos anciennes que je répare. La mécanique pour comprendre les choses et si possible pas d’électronique, sinon les choses se compliquent. Pour les débutants, la prise de vue en numérique est pratique : on peut faire des images en grande quantité,  pour apprendre. Ensuite, ils peuvent commencer avec l’argentique et réfléchir aux résultats.

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Expo : Nice

SPADA
LE HUBLOT
16 rue de Roquebillière - Nice
Tél 04 93 31 33 72

 

Questionnaire :

Qu’est ce qui vous à amené à faire de la photographie ?

Un mec de Nice matin. Je suis entré dans son labo et j’en suis sorti avec l’appareil à la main. Dès que tu mets le nez dedans c’est foutu, tu ne peux pas t’arrêter.

Etes-vous plutôt numérique ou plutôt argentique ?

Je me servirai à l’avenir d’une "craie en métal" du style appareil numérique pour mes brouillons. Pour noter des endroits et des lumières.

Qu'est-ce qu'un(e) bon(ne) photographe ne doit pas faire ?

Des bonnes photos. La photographie ça sert à s’amuser.

A votre avis, une bonne photographie de pêche doit-elle sentir le poisson ?

Elle doit donner l’envie et l’odeur du poisson, oui. Et le photographe, lui, il doit avoir le goût du poisson dans la bouche quand il fait la photo.

Dix conseils pour réussir un projet photographique.

Faire ce que l’on pense sans s’occuper des autres. Réussi, pas réussi, la critique est toujours là derrière.

Quel prix voudriez vendre un tirage format 30x40 numéroté à 25 exemplaires de votre travail ?

Y’a pas de prix. Je n’ai trouvé personne qui mettrait le prix que j’attends d’une de mes photos. 10 000 euros pour un grand tirage, sinon je les donne.

Choisissez et commentez une photographie de votre choix en 4 à 7 lignes.

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Qu'y a t'il sur les murs de votre salon ?

Des photos faites par des amis et tirées par eux-mêmes, ce sont les meilleurs.

Si vous étiez un appareil photo, vous seriez... ?

Une chambre 40x50 en bois de hêtre avec un objectif 480/8.