Gabriel Fabre

Photd'orthographies

Dès qu'il y a des mots, il n'y a pas de sens véritable. Pourtant voici des mots.
Que faire ? Lis entre les lignes ou bien, lis ce qui est dit et non écrit, ou bien, vois ce qui est montré et non dit, ou encore comprends le sens de ce qui n'est même pas montré. C'est-à-dire regarde en Toi.
Les mots sont à l'extérieur, mais la signification est à l'intérieur.

O. Rajneesh

Comme les idéogrammes chinois, les PHOTd'orthOGRAPHIES sont à la fois des mots et des images. Parmi les tentatives de représenter du langage -parlé ou écrit- avec le médium photographique, ce travail offre un assemblage particulier de techniques composant des "objets photographiques" en 3 dimensions. Les jeux d'esprit y mobilisent la pensée et alimentent la recherche d'une signification globale.

La langue est une seconde terre de naissance. Comme un paysage elle peut être riche ou pauvre, limoneuse au désertique, variée ou monochrome. C'est la manière dont nous pouvons imaginer, ressentir, dire et agir un mot qui lui donnent sens. Sa définition, elle, s'érode comme les glaciers.

Prononcer un mot pourrait pourtant être à chaque fois une expérience nouvelle : On ne boit pas deux fois la même eau, ni avec la même soif ni avec les mêmes pensées.

Pour ces raisons j'ai eu envie d'explorer le sens de certains mots, autrement.

Gabriel Fabre
Septembre 2005

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Expo : Gênes (Genova - Italie)

CAFFE DADA
Via dei Giustiniani, 3
Tél 0102541530

 

Questionnaire :

- Qu’est-ce qui vous a amené à faire de la photographie ?

Une envie de liberté. Faire d’autres gestes que ceux qu’on attendait de moi. Fureter. Déciller mes paupières. Donner un sens au mot vision.

- Etes-vous plutôt numérique ou plutôt argentique ?

La photographie en tant que support et présence m’intéresse, sans parler du côté plasticien de mon travail. La diapo est truc magnifique qui me rappelle les vitraux et les tissus indiens tant les couleurs peuvent être vibrantes, et des tirages au platine de Marc Bruhat iraient très bien dans mon salon… mais ces dernières années, le numérique à répondu plus adéquatement aux urgences et aux budgets de certains projets.

- Qu'est-ce qu'un(e) bon(ne) photographe ne doit pas faire ?

Croire que ce qu’il voit est une réalité immuable. Enduire de révélateur le compartiment film de son Nikon pour faire aussi vite que les numériques. Croire qu’un Leica fait des bonnes photos (en cas de doute, faites des compliments à voix haute à votre Leica et attendez qu’il se déclenche tout seul). Exhiber triomphalement son téléphone-portable-qui-fait-appareil-photo. Etre un fan de télé. Vouloir être Raymond Depardon (y compris pour Raymond Depardon lui-même).

- A votre avis, une bonne photographie de pêche doit-elle sentir le poisson ?

Oui, mais uniquement si la galerie possède une fenêtre. Cette question me rappelle que le son et la lumière étant portées par le même support ondulatoire, il n’est pas illogique – par transposition- d’espérer entendre une photographie, ou de voir un son. A noir, E blanc, etc… La construction de ce que nous appelons les métaphores est ce qui nous permet de passer d’un univers à un autre, d’un sens à un autre… de bouger, cognitivement parlant.

- Dix conseils pour réussir un projet photographique.

1. Le désirer

2. Epuiser rapidement les résistances, raisonnabilismes et aquabonismes

3. Le faire

4. Se questionner sur les obstacles

5. Transformer les obstacles en découvertes

6. Procéder à une réduction drastique comme pour les épinards à la crème ou la tomme.

7. Prendre soin du matériel obtenu

8. Exposer le résultat à la vindicte des esthètes et des autres

9. Relire "Tu seras un homme mon fils…" si nécessaire

10. Vider la tasse avant de refaire une théière.

- Quel prix voudriez vendre un tirage format 30x40 numéroté à 25 exemplaires de votre travail ?

Le plus cher possible, mais il n’y a que des amis que ça intéresse… Mettons 300 euros, sans le déplacement jusqu’à la Rochelle.

- Choisissez et commentez une photographie de votre choix en 4 à 7 lignes.

A suivre…

- Qu'y a t'il sur les murs de votre salon ?

Une estampe japonaise, le saxophone de mon co-locataire, une eau-forte et le portait style Harcourt d’une amie danseuse.

- Si vous étiez un appareil photo, vous seriez... ?

Un Polaroïd SX-70