Frédéric Altman

Le fantôme de la pierre noire

Les clichés de Frédéric Altmann ont le gris à l’âme.

Quaregnon. Gare de Flénu. Fief de Lambréchies. Le désert a colonisé les fortins d’industries, les usines démantelées aux milles carreaux brisés. Encore un carreau de cassé, voilà le chômage qui passe…

Ces images témoignent du grand abandon. Il semble que les horizons ont trop bu, qu’ils tanguent à perdre la vue. Les superpositions se chevauchent tandis que les empreintes visuelles se font doubles, triples. Le saule pleureur dénudé est mis en exergue devant le mur des bornes blanches. Dans le cimetière de Frameries, la panique a soufflé. Les pots de fleurs de la Toussaint sont chamboulés et une tombe déjà se fissure. La maison du directeur du Grand Hornu est devenue une ruine au cœur même de la broussaille. Les immondices fleurissent au bord du terrain vague malgré la proclamation de l’interdit. Un vieil homme mène un enfant à l’école sous l’inscription chaulée d’une invite à la “grève générale“.

Il y a longtemps que le “Local de l’Armée Secrète“ convoque des disparus.

Frédéric Altmann pratique la politique des reflets illusoires. Ici la nostalgie est au rendez-vous. Ça fait maintenant bien longtemps que les mineurs ont Débrayé.


Jo Dustin

 

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